Cette décision met un terme à sept années de procédure, sans exclure la possibilité de nouvelles poursuites.
L'ancienne mannequin était poursuivie depuis 2019, après avoir été accusée d'avoir tenté de tuer son ancien mari alors qu'il recevait des soins médicaux en Afrique du Sud. La décision de justice intervient après que le ministère public a demandé un nouveau report d'un mois, jusqu'au 25 novembre, afin de retrouver des témoins et de préparer la reprise du procès.
Le magistrat Musaiona Shotgame a estimé que la durée excessive de la procédure avait causé à Marry Mubaiwa des préjudices psychologiques, physiques et financiers. Il a ainsi refusé la demande de report du ministère public et ordonné qu'elle ne soit plus maintenue en détention provisoire dans cette affaire.
Les accusations remontent à juillet 2019, lorsque Constantino Chiwenga, alors commandant de l'armée zimbabwéenne, était hospitalisé à Pretoria, en Afrique du Sud. Selon les témoignages présentés devant le tribunal, Marry Mubaiwa aurait retiré un tube intraveineux placé dans la poitrine de son époux, mettant potentiellement sa vie en danger.
Le médecin personnel de Chiwenga, John Mangwiro, ancien vice-ministre de la Santé, avait affirmé avoir entendu le patient crier de douleur après l'incident présumé. Il avait indiqué que le personnel médical était rapidement intervenu.
La défense, conduite par l'avocate Beatrice Mtetwa, avait contesté ces accusations, mettant notamment en doute l'absence de certaines mentions dans les documents hospitaliers et les incohérences qu'elle estimait relever dans les témoignages. Marry Mubaiwa a également fait face à d'autres accusations, notamment de fraude, de blanchiment d'argent et d'exportation illégale de devises.
À la sortie du tribunal, Marry Mubaiwa a salué la décision, affirmant que justice avait enfin été rendue. Son avocate, Beatrice Mtetwa, a toutefois estimé que cette décision arrivait trop tard, après plusieurs années de procédure et des problèmes de santé importants rencontrés par sa cliente.
Selon les médias zimbabwéens, Marry Mubaiwa a notamment subi l'amputation d'un bras et d'une jambe au cours de cette période. Son avocate a dénoncé les retards répétés du procès et estimé que les droits de sa cliente avaient été bafoués.
La procédure avait déjà été perturbée par la promotion de la magistrate qui présidait initialement l'affaire, Feresi Chakanyuka, à la Haute Cour. Le ministère public souhaitait reprendre le procès devant un nouveau magistrat, ce qui aurait entraîné de nouveaux délais.
La décision du 27 octobre ne signifie toutefois pas nécessairement que toutes les poursuites contre Marry Mubaiwa sont définitivement abandonnées, le ministère public conservant la possibilité d'envisager une nouvelle procédure conformément aux règles judiciaires applicables.
Constantino Chiwenga est devenu vice-président du Zimbabwe après avoir joué un rôle majeur dans l'intervention militaire de novembre 2017 qui a conduit à la chute de Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980.
Son parcours politique s'est ensuite inscrit dans le gouvernement d'Emmerson Mnangagwa, qui a succédé à Mugabe.
