En effet, le 13 octobre 2026, la Formule 1 a annoncé la signature d'un accord de dix ans prévoyant l'organisation du Grand Prix d'Afrique au Rwanda à partir du début des années 2030. La compétition se déroulera sur un nouveau circuit qui sera construit dans le district de Bugesera, à proximité du nouvel aéroport international de Kigali.
Il s'agira du retour de la Formule 1 sur le continent africain pour la première fois depuis 1993.
Toutefois, contrairement à de nombreux dirigeants qui ont félicité les autorités rwandaises pour cet exploit de portée continentale, cette décision a été étonnamment critiquée par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui affirme avoir demandé à la direction de la Formule 1 de ne pas retenir la candidature du Rwanda.
" En février 2025, j'avais averti Stefano Domenicali et la direction de la Formule 1 que l'organisation d'un Grand Prix au Rwanda serait inappropriée ", a-t-elle déclaré.
Indiquant que la RDC avait plutôt soutenu le projet de l'Afrique du Sud visant à accueillir la course de Formule 1, Thérèse Kayikwamba Wagner a également demandé que l'origine des fonds destinés à financer la compétition au Rwanda fasse l'objet de vérifications.
En réponse, Olivier Nduhungirehe a estimé que son homologue congolaise devrait plutôt s'intéresser à l'enquête judiciaire en cours en Belgique concernant des membres de la famille du président Félix Tshisekedi.
" La ministre congolaise des Affaires étrangères devrait plutôt se préoccuper de l'enquête pénale en cours en Belgique sur des soupçons de blanchiment d'argent et de pillage des ressources minières du Katanga impliquant le président Tshisekedi et sa famille, au lieu de s'inquiéter des réussites des pays voisins ", a fait savoir Nduhungirehe.
Des perquisitions après une plainte déposée en juillet 2025
Pour rappel, la police belge a mené, le 14 octobre 2026, plusieurs perquisitions à Bruxelles et dans des communes des provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon, dans le cadre d'une instruction judiciaire pour blanchiment d'argent.
Le parquet fédéral belge a confirmé ces opérations, tout en refusant de communiquer l'identité des personnes visées et davantage de détails sur l'enquête, au nom du secret de l'instruction. Les perquisitions font suite à des plaintes déposées en juillet 2025 par des organisations non gouvernementales dénonçant des faits présumés de corruption, de détournement de fonds et de blanchiment liés à l'exploitation des ressources minières en RDC.
Les plaintes dénoncent notamment le détournement présumé de revenus miniers au détriment de l'État congolais et des communautés locales, ainsi que le blanchiment de fonds qui auraient bénéficié à des personnes proches du chef de l'État, dont ses frères.
À l'origine de cette procédure figure une plainte déposée le 8 juillet 2025 auprès du parquet fédéral belge par les avocats Bernard Maingain et Brieuc Maingain, au nom de plusieurs organisations de la société civile de l'ancien Katanga et de quatre anciens dirigeants de la société minière publique Gécamines.
Cette plainte, qui compte environ 80 pages, met en cause neuf membres de la famille présidentielle ou de son entourage, présentés comme étant de nationalité belge. Les accusations portent notamment sur des faits présumés de corruption, de détournement et de blanchiment liés à des activités minières dans le Haut-Katanga et le Lualaba, deux provinces riches en cuivre et en cobalt.
Les plaignants dénoncent notamment une prise de contrôle présumée de sites miniers et de certaines activités de sous-traitance dans ces provinces. Ils estiment que des revenus issus de l'exploitation des ressources naturelles auraient été détournés au détriment du Trésor public et des populations locales.
Pourquoi la justice belge ?
La nationalité belge de plusieurs personnes mises en cause constitue un élément central de la démarche judiciaire. Les avocats des plaignants ont expliqué avoir saisi les autorités belges parce que les personnes concernées possèdent également la nationalité de ce pays et peuvent, selon eux, faire l'objet de poursuites devant ses juridictions.
Ils ont également évoqué la possibilité de démarches judiciaires en RDC, même si celles-ci auraient peu de chances d'aboutir, compte tenu de l'identité des personnes impliquées, selon plusieurs observateurs.
S'exprimant le 14 octobre 2026, après les perquisitions, Me Bernard Maingain a déclaré faire confiance aux enquêteurs du parquet fédéral ainsi qu'au magistrat instructeur chargé du dossier.
Il a précisé avoir recueilli des témoignages et des informations auprès de plusieurs citoyens et responsables congolais, soulignant que ses obligations professionnelles ne lui permettaient pas de révéler les éléments couverts par le secret professionnel.
