L'Energy Development Corporation Limited (EDCL), filiale du Rwanda Energy Group (REG), a invité les producteurs indépendants d'électricité (IPP) qualifiés à participer à la préqualification pour développer, installer, exploiter et assurer la maintenance de la centrale.
L'avis précise que le projet vise à accroître la production d'énergie renouvelable, à soutenir l'irrigation, l'industrie et d'autres activités productives, tout en renforçant la stabilité du réseau national.
Le projet comprendra une centrale photovoltaïque flottante de 200 MW, des batteries de 800 MWh, un poste électrique et une ligne à haute tension raccordée au réseau national via un poste voisin du réseau de transport de 220 kV.
Les batteries, équivalant à quatre heures de stockage à pleine puissance, permettront de transférer une partie de l'électricité solaire vers les périodes de forte demande, notamment les heures de pointe du soir. Elles contribueront également au soutien de la fréquence et de la tension, à la réduction des limitations de production solaire et au rétablissement du réseau après certaines coupures.
L'investisseur retenu sera responsable de la conception, de la fourniture, de l'installation, des essais, de la mise en service, de l'exploitation et de la maintenance de la centrale. La mise en uvre est prévue sur 18 mois. Le projet sera réalisé selon le modèle IPP, avec un contrat d'achat d'électricité à long terme conclu avec l'Energy Utility Corporation Limited (EUCL), filiale du REG et acheteur de l'électricité. L'exploitation et la maintenance seront couvertes par un contrat d'achat d'électricité de 25 ans.
Les candidats doivent justifier d'au moins 10 ans d'expérience dans la conception, la fourniture, la construction et la gestion de centrales d'énergies renouvelables, ainsi que de projets solaires photovoltaïques réalisés au cours des dix dernières années. L'expérience dans le stockage par batteries sera également évaluée, avec un avantage pour les entreprises ayant réalisé des projets de plus grande capacité.
Ils doivent afficher un chiffre d'affaires annuel moyen d'au moins 300 millions de dollars, soit environ 443 milliards de francs rwandais, sur la période 2023-2025, et démontrer l'accès à 60 millions de dollars de ressources financières et à une ligne de crédit du même montant.
Les candidatures peuvent être individuelles ou présentées sous forme de coentreprise, consortium ou association avec une autre entreprise, conformément aux conditions de préqualification. La sélection suivra les directives rwandaises sur les partenariats public-privé de 2018.
Une visite du site est prévue ce 23 octobre 2026, tandis que les candidatures doivent être soumises électroniquement à l'EDCL avant le 12 novembre 2026 à 17 heures, heure de Kigali.
Theoneste Higaniro, directeur de la production et du transport à l'EDCL, a indiqué à 'The New Times' que le lac Sake avait notamment été choisi en raison de l'ensoleillement toute l'année dans la province de l'Est.
Le gouvernement envisage également des panneaux solaires flottants sur le futur barrage hydroélectrique de Nyabarongo II, avec un potentiel pouvant atteindre 200 MW.
Le projet s'inscrit dans le plan stratégique énergétique 2024-2034, qui prévoit environ 3,25 milliards de dollars d'investissements pour augmenter la production, améliorer l'accès à l'électricité et renforcer les infrastructures. Le REG vise une capacité installée de 1 066 MW d'ici 2034, contre 467,142 MW en décembre 2025, alors qu'elle était de 238,36 MW en 2020/2021.
Le solaire ne représentait alors que 2,6 % de la capacité installée, avec 12,08 MW de solaire raccordé au réseau sur un total de 467,14 MW. La centrale projetée sur le lac Sake constituerait donc une augmentation majeure de la capacité solaire du Rwanda, tout en introduisant une importante capacité de stockage pour mieux adapter la production aux besoins du réseau.
