Cette position a été défendue ce 2 novembre 2026 à Genève, en Suisse, lors du Dialogue international sur la migration 2026 (IDM), organisé par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) sous le thème " Instaurer la confiance, promouvoir le développement : façonner l'avenir de la gouvernance des migrations ".
Dans un message publié sur le réseau social X, l'ambassade du Rwanda en Suisse, qui assure également la représentation permanente du pays auprès des Nations unies à Genève, a indiqué que le Rwanda continuait de promouvoir une politique d'ouverture envers les personnes ayant besoin de protection et souhaitant améliorer leurs conditions de vie.
Lors des échanges consacrés au développement et à la coopération entre les États, le Rwanda a notamment défendu une approche fondée sur l'ensemble du parcours migratoire, depuis les pays d'origine jusqu'aux pays de destination, en passant par ceux de transit.
Il a été souligné qu'une migration bien encadrée pouvait stimuler la croissance économique, renforcer les communautés et favoriser les relations entre les pays. Dans cette perspective, les questions migratoires devraient être intégrées aux politiques nationales de développement, notamment en matière de création d'emplois, de formation professionnelle et de renforcement des compétences.
Le Rwanda a également insisté sur la nécessité d'une coopération régionale et internationale pour développer des voies de migration régulières et garantir la sécurité ainsi que la protection des personnes tout au long de leur parcours.
Il estime que la responsabilité de la gestion des migrations doit être partagée entre les pays d'origine, de transit et de destination, plutôt que de reposer uniquement sur les États qui accueillent les migrants.
Le Rwanda a par ailleurs mis en avant son partenariat avec l'OIM dans l'exploitation des données migratoires, notamment pour mieux connaître la situation des Rwandais établis à l'étranger. Selon les autorités rwandaises, ces informations permettent d'élaborer des politiques publiques fondées sur des données fiables et d'adapter les décisions aux réalités migratoires.
Cette démarche vise à mieux exploiter le potentiel de la migration au profit du développement national. En août 2026, lors d'une visite au Rwanda, la directrice générale de l'OIM, Amy Pope, avait notamment salué les initiatives rwandaises visant à favoriser la mobilité professionnelle, le développement des compétences et la coopération régionale.
Le Rwanda accueille également des réfugiés et des demandeurs d'asile, principalement originaires de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi. Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le pays comptait 140 377 personnes déplacées de force au 30 septembre 2026.
Par ailleurs, dans le cadre du Mécanisme de transit d'urgence (ETM), mis en place en 2019 avec le HCR et l'Union africaine, le Rwanda a accueilli plus de 3 000 réfugiés et demandeurs d'asile évacués de Libye. Parmi eux, 2 623 ont été réinstallés dans des pays tiers, selon le ministère rwandais chargé de la Gestion des urgences (MINEMA).
Au-delà des interventions nationales, le Dialogue international sur la migration 2026 a abordé plusieurs défis qui compliquent la gestion des mouvements de population dans le monde, notamment la désinformation, les effets du changement climatique, l'utilisation des technologies et la nécessité de politiques migratoires inclusives.
À l'ouverture des travaux, la directrice générale de l'OIM, Amy Pope, a notamment alerté sur la propagation de fausses informations concernant les migrants, amplifiée par les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle. Elle a estimé que cette situation alimentait la méfiance et exposait davantage les personnes en déplacement à la discrimination et à différentes formes d'exploitation.
Selon les chiffres présentés par l'OIM, plus de 304 millions de personnes vivent actuellement dans un pays différent de celui où elles sont nées, dont 168 millions de travailleurs migrants. Les transferts d'argent effectués par les migrants bénéficient par ailleurs à environ un milliard de personnes dans le monde.
Amy Pope a appelé les États à mieux coordonner leurs politiques le long des routes migratoires, à investir dans les communautés affectées par les changements climatiques et à s'appuyer sur des données fiables ainsi que sur les expériences des personnes concernées.
Créé en 2001, le Dialogue international sur la migration constitue le principal cadre de concertation de l'OIM sur les politiques migratoires. Les conclusions de l'édition 2026 doivent notamment alimenter les discussions du Conseil de l'organisation en décembre prochain.
Pour le Rwanda, l'enjeu est de renforcer la coopération entre les pays, de garantir la protection des migrants et de mieux intégrer les migrations dans les politiques de développement afin que la mobilité humaine profite aussi bien aux personnes concernées qu'aux sociétés d'accueil.

Source : https://new.igihe.com/french/le-rwanda-reaffirme-sa-politique-douverture-en-matiere-de-migration/