S'exprimant ce lundi 2 novembre 2026, lors d'un panel de haut niveau du 28e Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), à St. John's, à Antigua-et-Barbuda, le Président Kagame a estimé que cette perception constituait un frein aux investissements nécessaires au développement, à la création d'emplois et à l'acquisition de compétences par les jeunes.
" Il existe une perception selon laquelle les investissements dans le Sud présentent davantage de risques que ceux dans le Nord. Mais ce n'est pas vrai. Il existe des risques partout où l'on investit ", a-t-il déclaré.
Selon lui, ces risques doivent plutôt être gérés grâce à la coopération, à la mise en commun des ressources et à des mécanismes permettant de soutenir les projets présentant un potentiel réel.
Le Président a estimé que le Commonwealth pouvait contribuer à faire évoluer cette perception et à faciliter davantage les investissements dans les économies en développement.
Interrogé sur les moyens de permettre à un projet rentable dans une petite économie du Commonwealth, notamment dans les énergies renouvelables, le numérique ou l'agro-industrie, d'obtenir des financements, Paul Kagame a insisté sur la nécessité d'une collaboration entre les secteurs public et privé.
Il a expliqué que les gouvernements et les investisseurs privés doivent travailler ensemble pour combler les déficits qui empêchent certains projets viables de voir le jour.
Il a également mis en avant l'intégration régionale comme moyen d'élargir les marchés et de rendre les projets des petites économies plus attractifs.
" Ce n'est pas simplement un petit projet dans un petit pays, mais un projet viable dans un marché en croissance qui dépasse les frontières du pays où il est implanté ", a souligné le Président rwandais.
Pour le Chef de l'État, cette approche nécessite des politiques adaptées, des institutions solides et une meilleure connexion entre les secteurs public et privé.
Au cours du débat, le modérateur a cité le Rwanda comme exemple d'un pays ayant démontré que les contraintes géographiques ne constituent pas nécessairement un obstacle à la croissance. Le pays, qui n'a pas d'accès à la mer ni de ressources pétrolières, a enregistré une croissance économique de 9,4 % en 2025.
Le Président Kagame a ainsi défendu une approche fondée sur la viabilité des projets plutôt que sur la taille ou la localisation des économies dans lesquelles ils sont développés.
Le panel réunissait également le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness et la vice-Première ministre samoane Mulipola Anarosa Ale Molioʻo. Les échanges ont notamment porté sur l'efficacité des institutions, le financement du développement, la résilience des petits États et le rôle de la coopération au sein du Commonwealth.
Le CHOGM 2026 se tient du 1er au 4 novembre à St. John's sous le thème " Accélérer les partenariats et les investissements pour un Commonwealth prospère ". Il réunit les dirigeants des 56 pays membres autour notamment du commerce, de l'investissement, de la résilience climatique et du développement durable.



