Quand la diplomatie congolaise se réfugie dans la fabrication narrative #rwanda #RwOT

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Dans une mise au point méthodique, précise et implacablement factuelle, le chef de la diplomatie rwandaise a exposé ce qu'il présente comme une contre-vérité manifeste propagée par la cellule de communication de la présidence de Félix Tshisekedi au sujet de l'Africa Forward Summit organisé à Nairobi.

Le communiqué congolais affirmait pourtant avec assurance que la République démocratique du Congo avait pris part aux discussions en exigeant " le respect du multilatéralisme ", " une diplomatie de responsabilité " ainsi que " la fin du silence face aux atrocités de masse " attribuées à une prétendue " agression rwandaise ".

Mais selon le ministre Nduhungirehe et sur son compte X, cette déclaration ne relèverait ni de l'exagération diplomatique ni de l'interprétation discutable ; elle constitue un mensonge pur et simple.

Et le démenti est d'autant plus ravageur qu'il repose sur un élément impossible à maquiller : l'absence physique de la délégation congolaise lors des principales sessions plénières du sommet.

Selon les précisions fournies par le Ministre Rwandais Olivier Nduhungirehe, les trois grandes sessions consacrées respectivement à l'industrie verte et à la transition énergétique, à la réforme de l'architecture financière internationale ainsi qu'aux questions de paix et de sécurité se sont tenues sous la coprésidence des présidents William Ruto et Emmanuel Macron, avec la participation active des chefs d'État et des chefs de délégation présents.

Or, fait particulièrement humiliant pour Kinshasa : le siège réservé à la RDC serait resté vide durant l'ensemble de ces échanges stratégiques. Vide. Désespérément vide. Une absence qui réduit à néant la prétention de la présidence congolaise d'avoir " exigé " quoi que ce soit ou porté une quelconque accusation dans ces enceintes diplomatiques.

La participation congolaise se serait limitée à une présence protocolaire lors de la clôture du sommet, loin des espaces où se discutaient effectivement les enjeux continentaux majeurs.

Cette séquence révèle une dérive désormais récurrente dans la communication politique congolaise : substituer le récit à la réalité, la posture à l'action, l'emphase verbale à l'effectivité diplomatique. Il ne s'agit plus seulement d'embellir un bilan ou de forcer le trait dans l'arène médiatique ; il s'agit d'ériger la fabrication narrative en mode de gouvernance politique. Dans cette logique, peu importe les faits, pourvu que survive la mise en scène d'une présidence prétendument offensive sur le plan international.

Mais la diplomatie contemporaine est devenue un espace de vérification permanente. Chaque sommet est documenté, chaque prise de parole enregistrée, chaque absence remarquée.

A l'ère de la circulation instantanée de l'information, les constructions propagandistes se heurtent rapidement à la matérialité des faits. Et lorsqu'un État est publiquement contredit avec autant de précision sur la scène internationale, ce n'est pas seulement un communiqué qui vacille : c'est la crédibilité même de sa parole officielle qui se trouve atteinte.

Plus grave encore, cette affaire illustre le fossé grandissant entre l'activisme communicationnel du pouvoir congolais et sa capacité réelle d'influence diplomatique.

Tandis que Kinshasa multiplie les déclarations martiales et les accusations spectaculaires, d'autres capitales occupent effectivement les espaces de décision, participent aux négociations, façonnent les agendas et imposent leurs narratifs.

La politique étrangère ne se mesure pas à la virulence des communiqués, mais à la présence effective dans les lieux où se décident les équilibres régionaux et internationaux.

Le plus préoccupant demeure toutefois cette tentation persistante du pouvoir de gouverner par la fiction politique. Car à force de vouloir produire des victoires symboliques imaginaires, l'on finit par exposer au grand jour ses propres absences, ses incohérences et ses fragilités.

Or, dans les relations internationales, le vide diplomatique ne reste jamais longtemps inoccupé : il est immédiatement investi par d'autres acteurs plus organisés, plus constants et souvent plus crédibles.

L'épisode de Nairobi restera ainsi comme une illustration saisissante d'une diplomatie congolaise prisonnière de ses propres artifices narratifs : un pouvoir affirmant avoir livré bataille dans une enceinte où, selon ses contradicteurs, il n'était même pas assis.

Alors que la RDC affirmait avoir pris part aux discussions avec des exigences contre le Rwanda lors du sommet Afrique-France, le ministre Nduhungirehe a révélé que cette déclaration constituait un mensonge pur et simple

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Quand-la-diplomatie-congolaise-se-refugie-dans-la-fabrication-narrative.html

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