L'avertissement de l'opposition en RDC #rwanda #RwOT

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A travers une prise de parole ferme et sans ambiguïté, l'opposant rappelle une vérité fondamentale de toute démocratie moderne : aucun pouvoir, aussi puissant soit-il, ne peut durablement se substituer à la souveraineté du peuple.

En affirmant qu'il est temps que Félix Tshisekedi comprenne que " l'époque de la pensée unique, de l'intimidation politique et de la dictature est révolue ", Kashogy Kalambay inscrit son discours dans une dénonciation plus large des dérives autoritaires qui, selon une partie croissante de l'opinion congolaise, menacent progressivement les fondements de l'État de droit en République démocratique du Congo.

Cette déclaration ne constitue pas uniquement une critique politique ; elle reflète également l'expression d'une inquiétude profonde quant à l'avenir des institutions démocratiques dans un pays dont l'histoire demeure marquée par les traumatismes du pouvoir personnel et de la confiscation de la parole publique.

La question constitutionnelle cristallise aujourd'hui toutes les tensions. Aux yeux de nombreux Congolais, la Constitution représente bien davantage qu'un simple texte juridique : elle demeure le dernier rempart contre l'arbitraire et la personnalisation excessive du pouvoir.

Toute tentative de modification perçue comme destinée à prolonger une domination politique ou à affaiblir les mécanismes d'alternance démocratique est donc interprétée comme une menace directe contre l'équilibre républicain.

C'est précisément dans cette logique que s'inscrit l'avertissement formulé par l'opposition. Lorsqu'elle évoque une " résistance légitime du peuple ", elle ne revendique pas seulement un droit politique ; elle invoque le principe même de souveraineté populaire consacré par les fondements constitutionnels de la République.

Dans toute démocratie véritable, le peuple ne saurait être réduit au rôle de simple spectateur des ambitions du pouvoir. Il demeure l'ultime dépositaire de la légitimité nationale et le gardien suprême des principes républicains.

La RDC traverse déjà une période d'extrême fragilité marquée par des crises sécuritaires persistantes, une défiance institutionnelle profonde, des difficultés économiques majeures et des fractures sociales préoccupantes.

Dans un tel contexte, ouvrir un chantier constitutionnel controversé reviendrait à introduire un facteur supplémentaire de déstabilisation nationale. Beaucoup redoutent qu'une modification de la loi fondamentale ne provoque un embrasement politique dont les conséquences pourraient être particulièrement lourdes pour un pays encore vulnérable aux tensions internes.

L'affirmation selon laquelle " la RDC n'appartient ni à un homme, ni à un régime " revêt alors une portée hautement symbolique. Elle rappelle que les institutions républicaines ne sont pas la propriété des gouvernants du moment, mais le patrimoine collectif de toute une nation. L'État ne peut être confondu avec un individu, un parti ou une majorité circonstancielle. Toute démocratie mature repose précisément sur cette distinction essentielle entre le pouvoir et la nation.

Au-delà des clivages politiques, ce débat renvoie finalement à une interrogation plus profonde sur l'avenir du Congo : celui d'un État capable de consolider durablement la culture démocratique ou, au contraire, d'un système continuellement tenté par la concentration du pouvoir et l'affaiblissement des contre-pouvoirs.

Car l'histoire enseigne une leçon constante : lorsqu'une Constitution cesse d'être protégée par ceux qui gouvernent, elle finit toujours par être défendue par ceux qui refusent de renoncer à leur liberté.

Et dans toute nation où le peuple commence à craindre pour l'alternance démocratique, ce n'est jamais seulement une Constitution qui vacille, mais la confiance même dans l'avenir républicain.

Au-delà des clivages politiques, les débats portent sur l'avenir du Congo entre consolidation démocratique et concentration du pouvoir

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/L-avertissement-de-l-opposition-en-RDC.html

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