Fort de son expérience dans la région des Grands Lacs, où il a exercé ses missions humanitaires et observé les dynamiques politiques et militaires, Destexhe estime que l'orientation de ces mesures punitives constitue une erreur stratégique.
Selon lui, l'attention internationale aurait davantage dû se porter sur la République démocratique du Congo (RDC), dont les politiques et agissements ont, selon ses analyses, largement contribué à l'escalade du conflit régional.
Dans un message publié sur son compte X, il déclare sans ambages : " C'est la RDC qui devrait être sanctionnée, et non le Rwanda. La RDC a attisé cette guerre en persécutant les Tutsis congolais. "
Cette affirmation s'inscrit dans une lecture critique des pratiques étatiques congolaises, marquées par le maintien de liens avec les FDLR. Destexhe souligne que, malgré la signature de plusieurs accords internationaux, notamment la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, la RDC persiste dans sa stratégie de soutien indirect ou direct à ces milices, compromettant ainsi la sécurité régionale.
Il ajoute que la République démocratique du Congo continue également de soutenir et de financer les milices extrémistes Wazalendo, responsables de violences et de propagations de la terreur dans plusieurs zones stratégiques du pays.
Gouvernance et choix militaires : Félix Tshisekedi face à la critique internationale
Outre la responsabilité étatique, Destexhe s'attarde sur le rôle du président Félix Tshisekedi dans cette dynamique conflictuelle. Il dénonce des pratiques systématiques de corruption et rappelle que la RDC figure à la 163e place sur 182 pays selon l'indice de perception de la corruption (CPI).
Cette situation, selon Destexhe, fragilise la crédibilité des institutions congolaises et la capacité de l'État à agir efficacement dans le cadre d'une politique sécuritaire cohérente.
En outre, il dénonce l'usage de mercenaires étrangers pour des opérations militaires internes, citant notamment des bombardements ayant visé des civils dans la région de Minembwe au cours des derniers mois.
L'objectif, selon lui, semblerait dépasser les simples enjeux internes et viser le Rwanda, accentuant ainsi le risque de confrontation régionale. Dans ce contexte, Destexhe critique le pari de Tshisekedi sur une victoire militaire contre l'AFC/M23, notant les limites opérationnelles de l'armée congolaise et les conséquences prévisibles d'une telle stratégie pour la stabilité du pays et de l'ensemble des Grands Lacs.
Il est pour le moins consternant, et même profondément choquant, de constater l'indifférence avec laquelle la communauté internationale observe les agissements du gouvernement congolais.
Ce dernier persiste dans son alliance avec les FDLR, entretient et soutient les milices extrémistes Wazalendo, et irrigue un discours de haine systématique visant les Tutsis congolais, aggravant ainsi leur persécution.
Parallèlement, il assure une garantie d'impunité aux auteurs de ces violences et recourt au recrutement de mercenaires étrangers pour des opérations militaires internes, le tout sans susciter la moindre inquiétude ou sanction effective.
Cette posture, marquée par l'arrogance et la complaisance institutionnelle, traduit une instrumentalisation délibérée de la violence et de l'intimidation à des fins politiques, et soulève de sérieuses questions quant au respect des normes internationales de droit et de justice.
Tite Gatabazi
Source : https://fr.igihe.com/La-RDC-au-coeur-des-tensions-regionales.html