La République désenchantée ou le crépuscule d'un pouvoir miné par la connivence et l'impuissance #rwanda #RwOT

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Tel est le sens profond des déclarations de Josée Rachid, reconnue comme communicatrice du Chef de l'État et qui, désormais, n'use plus de circonlocutions pour fustiger le régime qu'elle a longtemps servi. La critique venue de l'intérieur ne se contente pas de dénoncer : elle révèle la décomposition d'un fruit dont la surface tentait encore de sauver les apparences.

Avec une lucidité désarmante, elle décrit le désarroi de la grande majorité des familles kinoises, condamnées à aborder les fêtes de fin d'année dans le dénuement le plus affligeant. Loin des promesses solennellement proclamées, la population mesure concrètement la dureté des temps et plus encore, la froide indifférence d'une élite dirigeante perçue comme retranchée dans ses privilèges.

A travers ses propos, se dessine le portrait d'un pouvoir refermé sur un cercle étroit de proches, souvent issus de la diaspora, soudés moins par la vision d'État que par la communauté d'intérêts et la connivence.

Cette " république des copains et des coquins ", conformément à l'expression passée dans le langage populaire congolais pour désigner les " frappeurs et les jouisseurs ", apparaît comme l'illustration d'une gouvernance qui confond l'administration publique avec l'enrichissement privé. Les projets foisonnent dans les discours, les maquettes ornent les couloirs des ministères, mais la réalité demeure inchangée : les chantiers n'adviennent pas, les promesses restent en suspens, et la population ne recueille que l'ombre des politiques annoncées à grand renfort de communications officielles.

Plus sévère encore est le constat qu'elle dresse quant à l'absence physique et morale des dirigeants, volontiers partis célébrer les festivités en Europe ou en Amérique alors que Kinshasa ploie sous le poids d'une crise " qui n'a plus de nom ".

Les appels à la responsabilité publique se heurtent à des interlocuteurs en déplacement permanent, entre Canada, États-Unis, Belgique ou France, traduisant ainsi l'éloignement croissant entre gouvernants et gouvernés. C'est une classe dirigeante nomade qui semble s'être superposée à une population immobile dans la détresse.

Cette prise de parole marque également une évolution du climat politique : la vigilance citoyenne s'aiguise, les illusions se dissipent et les soutiens du pouvoir s'effritent, tel l'équipage quittant un navire à la dérive. L'adhésion de convenance cède la place au désenchantement et, parfois, à la franche désolidarisation. Le régime, longtemps protégé par l'apparente homogénéité de sa communication, se trouve ainsi mis à nu par ceux-là mêmes qui en furent les relais.

Plus qu'une simple querelle politicienne, il s'agit d'un moment de vérité. L'intervention de Josée Rachid interpelle la conscience publique et met en lumière la distance béante entre les promesses exaltées et la réalité quotidienne du peuple. Elle rappelle, en creux, que la légitimité d'un pouvoir ne repose pas sur la rhétorique, mais sur sa capacité à améliorer concrètement le sort des citoyens, à servir plutôt qu'à jouir et à gouverner dans le sens du bien commun.

Ainsi s'esquisse, au-delà du propos polémique, une interrogation majeure : un régime qui voit s'élever contre lui les voix de ses propres communicants ne révèle-t-il pas, par là même, les signes d'un profond essoufflement ?

C'est à cette question, désormais posée à la conscience nationale, que l'histoire se chargera d'apporter sa réponse.

Josée Rachid, ancienne communicatrice du Président, dénonce de l'intérieur la décomposition du régime

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/La-Republique-desenchantee-ou-le-crepuscule-d-un-pouvoir-mine-par-la-connivence.html

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