Le discours de haine devant le juge #rwanda #RwOT

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Le collectif des avocats représentant les communautés Tutsiâ€"Banyamulenge et Hema a saisi la Cour pénale internationale afin de dénoncer, avec force et gravité, les discours de haine proférés par des thuriféraires patentés du régime, parmi lesquels figurent le général Sylvain Ekenge, Patrick Muyaya et d'autres responsables dont la voix contribue à envenimer le tissu social.

Il ne s'agit pas d'un simple incident de langage, ni d'une controverse éphémère susceptible d'être balayée par le temps. Ces propos, tenus dans l'espace public et amplifiés par les rouages institutionnels, constituent un ferment de violence, un poison qui mine la cohésion nationale et menace de plonger les communautés dans le cycle infernal de la suspicion, de la stigmatisation et de la persécution.

La justice internationale, saisie de cette plainte, se trouve désormais face à une question essentielle : la parole publique peut-elle devenir une arme de destruction sociale sans être tenue responsable de ses effets ?

Le recours à la Cour pénale internationale n'est pas un geste anodin. Il traduit une démarche de sauvegarde du droit et de la dignité humaine, affirmant que l'incitation à la haine et à la violence ne saurait trouver refuge derrière les ors du pouvoir ou la complicité du silence.

Dans un contexte où l'autorité étatique se montre parfois complice par son inertie, la vigilance juridique devient l'ultime rempart contre l'embrasement des consciences et la banalisation de l'intolérance.

Ce signal adressé à la CPI est donc doublement symbolique : il met en lumière l'instrumentalisation pernicieuse du langage par des responsables politiques et militaires, tout en rappelant que la communauté internationale détient les moyens de réaffirmer, avec rigueur, la primauté du droit sur la rhétorique de division. Ignorer de tels appels, c'est consentir à l'érosion progressive du tissu moral et civique de la nation, ouvrant la voie à des catastrophes que l'on croyait reléguées aux pages les plus sombres de l'histoire.

Ainsi, l'initiative des avocats des communautés Tutsiâ€"Banyamulenge et Hema transcende le simple registre juridique : elle s'inscrit dans une lutte essentielle pour la préservation de l'ordre moral et de la dignité humaine face à ceux qui, par leur discours, entendent transformer la parole publique en instrument de domination et de haine.

Le juge, par sa seule attention et son discernement, devient le gardien d'une barrière fragile mais indispensable entre la justice et le chaos social.

Par la voix autorisée de Maître Maingain, le monde judiciaire international est invité à tourner son regard vers une réalité aussi inquiétante qu'urgente

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Le-discours-de-haine-devant-le-juge.html

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