Selon le document produit en février 2019, la coalition de groupes armés connue sous le nom de P5 comprenait le Rwanda National Congress (RNC) dirigé par l'ancien officier Kayumba Nyamwasa, le FDU-Inkingi associé à Victoire Ingabire Umuhoza, le CNRD-FLN lié à Paul Rusesabagina, le RUD-Urunana dirigé par Nshimiyimana Cassien, et les FDLR commandés par Victor Byiringiro.
Les combattants de cette coalition auraient été recrutés et formés dans un camp militaire à Bijabo, dans le Sud-Kivu. Dans la nuit du 22 janvier 2019, plus de 1 500 membres du FDLR se seraient déplacés de Masisi, au Nord-Kivu, vers Lowa-Numbi, pour rejoindre d'autres éléments du P5 dirigés par Nyamwasa.
Le rapport indique que la coalition aurait prévu d'établir des bases opérationnelles au Burundi avant de lancer des attaques au Rwanda, avec le soutien logistique du gouvernement de l'ancien président Pierre Nkurunziza. Agricole Ntirampeba, alors conseiller principal de Nkurunziza, aurait coordonné les activités des FDLR et facilité la coopération entre les groupes du P5.
L'attaque de Musanze
En octobre 2019, environ 67 combattants affiliés à la coalition P5, principalement du RUD-Urunana, sont entrés au Rwanda par le parc national des Volcans, près de Kinigi. Quatorze civils ont été tués et plusieurs autres blessés. Des maisons et commerces ont été pillés, et des réserves alimentaires dérobées.
Les forces de sécurité rwandaises ont immédiatement réagi en interceptant les assaillants, entraînant la neutralisation de certains et l'interpellation d'autres. Les personnes capturées ont été jugées par la Haute Cour militaire de Kigali pour appartenance à un groupe armé illégal, tentative de guerre contre l'État et terrorisme.
Des liens de longue date avec les FDLR
Le rapport évoque également une relation de longue date entre le Burundi et les FDLR, un groupe formé par les responsables du génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda. Des membres du FDLR auraient trouvé refuge au Burundi et y auraient ouvert certaines activités.
Agricole Ntirampeba aurait aussi facilité les échanges entre les FDLR et le président congolais Félix Tshisekedi, contribuant à des opérations militaires conjointes impliquant les forces congolaises, les troupes burundaises et le FDLR contre la coalition AFC/M23.
Le 5 décembre 2019, Wilson Irategeka, alors commandant du CNRD/FLN, aurait bénéficié de l'aide de responsables burundais pour se rendre à Bujumbura pour des soins médicaux, escorté par des soldats congolais.
Récemment interrogé sur la coopération du Burundi avec les FDLR, le président Évariste Ndayishimiye a reconnu la relation, citant le proverbe : " L'ennemi de mon ennemi est mon ami. " Les critiques estiment cependant que, malgré son image de stabilisateur régional, son engagement avec des groupes armés contribue à l'instabilité persistante dans la région des Grands Lacs.
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Un-rapport-lie-le-Burundi-a-l-attaque-de-Musanze-en-2019.html