Violences anti-Tutsi en RDC : témoignage glaçant d'une survivante réfugiée au Rwanda #rwanda #RwOT

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Aujourd'hui réfugiée au Rwanda, cette mère de famille incarne le calvaire enduré par de nombreux Tutsi congolais pris pour cible dans un cycle de violences qui dure depuis des décennies.

Kidnappée, torturée et violée à répétition, Mwiza affirme avoir été détenue pendant six mois par des hommes armés alliés à l'armée congolaise (FARDC). " Chaque jour était un cauchemar ", témoigne-t-elle, désormais atteinte de handicaps physiques et vivant avec le VIH à la suite des violences sexuelles qu'elle a subies.

Son récit a été livré lors d'une manifestation de réfugiés congolais au Rwanda, organisée pour dénoncer des propos jugés haineux et incitatifs à la violence tenus récemment par le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole suspendu des FARDC. Ce dernier avait notamment tenu des propos mettant en garde contre le mariage avec des femmes tutsies, déclenchant une vague d'indignation.

" J'ai été violée par plus de 100 soldats. Des hommes, des femmes âgées, leurs enfants, même leurs gardes, tous voulaient 'voir ce qu'est une femme tutsie' ", raconte Mwiza. " J'ai contracté le VIH, je vis avec des séquelles permanentes et je suis sous traitement. "

Un enlèvement qui vire à l'horreur

Le supplice de Mwiza débute six mois avant sa fuite vers le Rwanda. Elle est enlevée avec sa nièce à Shangi par des combattants des FDLR, puis emmenée à Kirolirwe, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Sa nièce n'en réchappera pas.

" Ils me privaient d'eau, de soins. Ils me disaient même parfois d'appeler le Président Paul Kagame pour qu'il vienne me sauver. Je ne pouvais que prier ", confie-t-elle. " Je subissais des violences fréquemment. "

Sa survie tient à l'intervention inattendue d'un soldat local. " Il m'a dit que mon sang ne serait jamais réclamé. Il m'a aidée à fuir en secret jusqu'à Bishoga ", explique-t-elle. De là, Mwiza parvient à rejoindre Nyamitabo, une zone alors sous contrôle du M23, avant d'atteindre le camp de transit de Nkamira, au Rwanda.

Une violence systémique et persistante

Le témoignage de Mwiza s'inscrit dans un contexte plus large de violences des FDLR, groupe armé issu en partie des responsables du génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda, qui continue d'opérer dans l'est de la RDC.

Selon plusieurs sources, ces exactions se déroulent souvent avec la complaisance, voire le soutien tacite, des autorités congolaises.

Les attaques incluent des incendies de villages, des enlèvements, des assassinats ciblés et des violences sexuelles. En octobre 2023, près de 300 maisons ont ainsi été incendiées dans le village de Nturo, leurs habitants étant accusés de soutenir le mouvement rebelle du M23.

Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux ont également montré des civils congolais s'en prenant violemment à leurs voisins tutsis, allant parfois jusqu'à commettre des actes d'une extrême barbarie, y compris des actes de cannibalisme.

Le Rwanda, terre de refuge

Face à cette insécurité persistante, le Rwanda accueille aujourd'hui plus de 120 000 réfugiés congolais, dont une majorité a fui des décennies de persécutions et de déplacements forcés. Mwiza bénéficie désormais du programme de réhabilitation Mvura Nkuvure, qui l'aide à se reconstruire malgré de profondes blessures physiques et psychologiques.

Si son mari et son père ont été tués, ses enfants ont pu la rejoindre. " J'ai survécu grâce à Dieu et grâce à ceux qui m'ont aidée ", confie-t-elle. " Mais personne ne devrait jamais vivre ce que j'ai vécu. "

Mwiza lance aujourd'hui un appel pressant à la communauté internationale, l'exhortant à agir pour mettre fin à ce qu'elle décrit comme " des décennies de haine, de persécution et d'impunité " à l'encontre des Tutsi congolais.

Mwiza (nom d'emprunt), 40 ans, tremble encore en racontant les mois de souffrances qu'elle a endurés aux mains des FDLR en RDC

IGIHE



Source : https://fr.igihe.com/Violences-anti-Tutsi-en-RDC-temoignage-glacant-d-une-survivante-refugiee-au.html

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