Masisi sous le feu ou la tragédie des civils sacrifiés #rwanda #RwOT

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Tandis que des quartiers entiers vivent sous la menace permanente des frappes et des exactions, les voix qui devraient se lever avec force se perdent dans des prudences diplomatiques ou des calculs d'opportunité.

Ainsi se dessine un tableau sombre où l'indifférence des autorités et la passivité de la communauté internationale confèrent une apparence de normalité à l'inacceptable. Cette combinaison d'apathie et de violence aveugle transforme la souffrance des civils en simple variable d'ajustement d'intérêts politiques, consacrant une profonde faillite morale dont l'histoire ne manquera pas de demander des comptes.

En flagrante violation du droit international humanitaire ainsi que des engagements pris lors des pourparlers de Doha dans le cadre du processus de paix à l'Est de la République démocratique du Congo, le régime de Kinshasa a procédé, ce vendredi 2 janvier 2026, à des bombardements visant la population civile dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, composée majoritairement de communautés rwandophones.

Ces frappes de drones, dirigées contre des zones habitées, ont causé la mort de plusieurs civils et fait de nombreux blessés parmi des habitants qui, au moment des explosions, vaquaient paisiblement à leurs activités quotidiennes. Masisi-centre, chef-lieu du territoire est devenu le théâtre d'une tragédie supplémentaire dans une région déjà meurtrie.

Plus inquiétant encore, lorsque les bombardements aveugles cessent, ce sont les FARDC et les milices Wazalendo qui, sous couvert d'opérations sécuritaires, règlent leurs comptes sur le dos des populations, transformant les civils en victimes collatérales d'affrontements politiques et militaires dont ils ne sont ni les acteurs ni les instigateurs. Ce cycle de violences s'exerce dans une indifférence presque assumée des autorités, dont l'inaction interrogne et alarme.

Face à ces événements, la question se pose avec une gravité accrue : assiste-t-on à la mise en œuvre progressive d'un projet d'anéantissement ciblé des populations tutsies et rwandophones, après des campagnes répétées de propagande haineuse relayées jusque dans les canaux officiels ?

L'hypothèse ne peut être balayée d'un revers de main dès lors que la majorité de la population du territoire de Masisi appartient à ces communautés particulièrement vulnérables.

Plus consternant encore est le silence assourdissant de la communauté internationale, prompte à se présenter en bienfaitrice lorsque tout est consommé, mais étonnamment lente à prévenir les drames qu'elle déplore ensuite avec componction. Les réactions tardives, les communiqués prudents et les condamnations abstraites ne sauraient se substituer à une action déterminée pour la protection effective des civils.

Il est urgent que les organisations internationales et les mécanismes de défense des droits humains interpellent sans équivoque le gouvernement de Kinshasa afin que cessent ces atteintes répétées à la vie des innocents.

Car nul processus de paix ne peut survivre lorsque les populations qu'il prétend protéger continuent d'être exposées, sans défense et sans voix, au fracas des armes et à l'arbitraire des puissants.

Le silence autour des drames de Masisi contraste avec le fracas des bombes sur des civils abandonnés

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Masisi-sous-le-feu-ou-la-tragedie-des-civils-sacrifies.html

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