Ces divisions internes s'ajoutent à un contexte de critique accrue contre le pouvoir burundais, tant sur la scène nationale qu'internationale.
En outre, le président Évariste Ndayishimiye a ouvertement critiqué certains hauts responsables de son camp, les accusant de servir " deux maîtres " et laissant entendre que leurs actions pourraient mener à une " issue malheureuse ".
Clivages au sommet du parti
Depuis plusieurs jours, des tensions sont signalées autour du choix du futur candidat présidentiel. Selon des sources politiques burundaises, le Secrétaire général du CNDD‑FDD, Révérien Ndikuriyo, le président du Sénat Gervais Ndirakobuca et le président de l'Assemblée nationale Gélase Daniel Ndabirabe ne soutiennent pas l'idée d'un nouveau mandat pour Ndayishimiye en 2027.
Par ailleurs, certains membres influents du parti auraient, selon plusieurs sources concordantes, formé un groupe informel appelé " Bene Samurarwa ", qui se réunit régulièrement en privé pour discuter de l'avenir du pouvoir et affirmer leur soutien au président.
Les analystes politiques estiment que la décision de Ndikuriyo de démissionner de son poste de Sénateur début décembre 2025 visait à renforcer son influence et à préparer ses ambitions politiques, notamment en vue de la présidentielle.
Des prises de position contradictoires
Lors d'une conférence de presse le 2 janvier 2026, Révérien Ndikuriyo a laissé entendre une volonté de jouer un rôle plus influent au‑delà de son poste de Secrétaire général.
Il a entre autres annoncé son intention de quitter cette fonction pour " laisser la place aux plus dynamiques ".
Ndikuriyo a également évoqué la réouverture prochaine des frontières de Gatumba et de Vugizo avec la République démocratique du Congo, précisant qu'elles seraient rouvertes en même temps que celles du Rwanda.
Cette déclaration diverge de la position précédente du président Ndayishimiye, qui pour sa part, conditionnait la réouverture à la restauration de la sécurité dans le bassin de la Rusizi.
Visite surprise et avertissements de Ndayishimiye
Le 5 janvier, il est rapporté que le président Ndayishimiye s'est rendu de manière inopinée dans ses bureaux, où il aurait sévèrement réprimandé certains responsables politiques pour leur manque de soutien. Il a notamment critiqué ceux qui, en son absence, se permettent de le critiquer tout en feignant loyauté en sa présence.
Après cette visite, Ndayishimiye a poursuivi son déplacement au ministère des Finances. Selon plusieurs sources, ce passage serait lié à la polémique qui secoue actuellement le ministère.
Lors d'un échange avec les sénateurs le 27 décembre dernier, le ministre burundais des Finances, Dr Alain Ndikumana, avait dénoncé des pressions exercées par la société FOMI (Fertilisants Organo‑Minéraux Industries), qui réclamerait des paiements supplémentaires non prévus dans les contrats signés avec l'État burundais, pour un montant de plusieurs dizaines de milliards de FBU.
Face à ces critiques, Révérien Ndikuriyo a lui, minimisé l'affaire, affirmant qu'il s'agissait de rumeurs relayées sur les réseaux sociaux et qu'il était incompréhensible qu'un haut responsable prétende ne pas se sentir en sécurité dans le pays.
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Burundi-le-CNDD-FDD-secoue-par-des-tensions-internes.html