Le conseil de sécurité face aux dérives de la Monusco #rwanda #RwOT

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Ce dernier, s'exprimant avec la clarté et la précision qui caractérisent la diplomatie rwandaise, a mis en lumière les graves carences de la MONUSCO, dénonçant, faits à l'appui, les incohérences d'une mission censée assurer la stabilité et qui, pourtant, s'enfonce dans une partialité manifeste.

D'un ton ferme, il a rappelé que le Rwanda, en tant que membre engagé de l'ONU et contributeur majeur aux opérations de maintien de la paix, défend avec constance le principe de responsabilité et de transparence. C'est précisément en vertu de cet engagement qu'il se refuse à passer sous silence les dérives préoccupantes de la MONUSCO.

Loin de remplir son mandat d'éradication des groupes armés, cette mission persiste à entretenir une lecture biaisée du conflit et semble s'être écartée de ses obligations fondamentales.

S'appuyant sur des éléments factuels irréfutables, l'Ambassadeur Olivier Nduhungirehe a dénoncé la récurrence d'un narratif fallacieux qui occulte les véritables instigateurs des exactions perpétrées à l'Est de la République démocratique du Congo. Certes, le rapport présenté devant le Conseil de sécurité mentionne des groupes criminels tels que les ADF, la CODECO et les milices génocidaires des FDLR comme responsables des violations des droits humains.

Toutefois, il omet de souligner avec la rigueur nécessaire le rôle central de ces factions dans l'instabilité de la région, préférant désigner d'autres acteurs comme cause principale des troubles. Cette distorsion systématique du réel sape la crédibilité même de la MONUSCO et témoigne d'une volonté délibérée d'éluder ses propres échecs.

Le ministre rwandais a ainsi rappelé que, dès 2013, alors qu'il siégeait au Conseil de sécurité, une résolution fut adoptée pour déployer une brigade d'intervention au sein de la MONUSCO, avec pour mandat explicite de neutraliser l'ensemble des groupes armés, y compris les FDLR. Pourtant, plus d'une décennie plus tard, cette volonté affichée n'a débouché sur aucune action concrète contre ces milices génocidaires, soutenues par les autorités congolaises et héritières du régime responsable du génocide perpétré contre les tutsis en 1994.

Les faits sont accablants : depuis 2003, le Conseil a adopté plus de vingt résolutions réaffirmant l'impératif d'éradiquer la menace des FDLR, mais ces directives sont restées lettre morte. Malgré les sommes colossales allouées à cette mission, la plus coûteuse de l'histoire des Nations unies, les résultats tangibles demeurent inexistants.

Pis encore, loin de garantir la protection des civils, la MONUSCO semble s'être placée en situation de belligérance, s'alliant parfois aux forces mêmes qu'elle était censée combattre.

Le diplomate rwandais a illustré l'ampleur du drame en évoquant des faits récents, notamment l'incendie, en octobre 2023, d'un village entier de 300 maisons appartenant aux tutsis congolais, réduit en cendres par des milices soutenues par Kinshasa dans le territoire de Masisi. " Où était la MONUSCO ? " a-t-il lancé avec gravité. Il a également souligné le bombardement incessant des villages banyamulenge du Sud-Kivu par des drones et des avions de chasse de la RDC depuis février 2025.

Plus alarmant encore, il a révélé la présence avérée de mercenaires européens au sein de la coalition armée congolaise, en violation flagrante de la Convention des Nations unies de 1989 sur l'interdiction du mercenariat. Ces combattants étrangers, selon lui, opèrent aux côtés des forces congolaises et de la MONUSCO, illustrant ainsi une compromission inacceptable de cette dernière.

Face à ces constats, le Rwanda ne cesse d'alerter la communauté internationale et d'exhorter à une prise de conscience salutaire. Hélas, ces appels se heurtent à un silence aussi pesant qu'inexplicable, celui d'institutions qui, au lieu d'assumer leurs responsabilités, persistent à détourner le regard. Et pourtant, il est encore temps pour la MONUSCO de se ressaisir et de remplir enfin le mandat qui lui incombe : assurer la sécurité des civils et œuvrer, avec impartialité, à la stabilisation effective de la région.

Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Le-conseil-de-securite-face-aux-derives-de-la-Monusco.html

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