Cet appel a été lancé par le Premier ministre, le 5 novembre 2026, lors de l'ouverture de la session de haut niveau de la 38ᵉ Réunion des Parties au Protocole de Montréal (MOP38), organisée à Kigali du 2 au 6 novembre.
S'adressant aux délégués, le Premier ministre a rappelé que l'Amendement de Kigali, adopté en 2016, avait constitué une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique, en engageant les pays à réduire progressivement l'utilisation des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz contribuant au réchauffement de la planète.
Il a toutefois souligné que la priorité devait désormais être accordée à la mise en uvre effective de cet engagement, estimant que les résultats concrets devaient primer sur les accords signés.
Évoquant les attentes exprimées par le Président Paul Kagame après l'adoption de l'amendement, il a rappelé son appel à ne pas se contenter de progrès limités alors que des solutions plus ambitieuses sont possibles.
" Nous ne devons pas nous satisfaire de quelques avancées alors que nous avons les moyens de résoudre véritablement le problème ", avait déclaré le chef de l'État.
Le Premier ministre a également expliqué que l'accès au refroidissement dépassait la question du confort, puisqu'il contribue à la protection de la santé, à la conservation des aliments, au développement économique et à la prévention des risques liés aux fortes chaleurs.
Dans le secteur agricole, les équipements frigorifiques permettent de conserver les récoltes et de réduire les pertes après récolte. Dans le domaine de la santé, ils sont indispensables à la conservation et à la distribution des vaccins et des médicaments, notamment dans les zones reculées.
Il a averti que, face à l'intensification des épisodes de chaleur, l'accès au refroidissement pouvait devenir une question de survie, particulièrement pour les populations vulnérables.
Cependant, des millions de personnes, notamment en Afrique, restent privées de solutions fiables en raison d'un accès limité ou irrégulier à l'électricité.
Le Premier ministre a ainsi plaidé pour des technologies économes en énergie et respectueuses de l'environnement, capables de répondre à la demande croissante tout en favorisant l'accès à l'électricité, la résilience des communautés et la création d'emplois.
Il a souligné que cette transition exigeait non seulement le renouvellement des équipements, mais aussi des investissements dans les infrastructures, la formation, le développement des compétences et des industries locales.
À cet égard, il a cité la contribution du Rwanda à travers le Centre africain d'excellence pour le refroidissement durable et la chaîne du froid (ACES), établi dans le pays avec une vocation panafricaine. Cette institution associe recherche, formation, développement technologique et applications pratiques pour promouvoir des solutions adaptées aux besoins du continent.
Insistant sur l'importance de la coopération Sud-Sud et des partenariats internationaux, le Premier ministre a appelé les pays à mutualiser leurs ressources, leurs compétences et leurs expériences. Il a notamment estimé que les pays en développement devaient participer pleinement aux décisions concernant cette transition, plutôt que de simplement s'adapter aux orientations définies ailleurs.
Pour les dix prochaines années, le chef du gouvernement a appelé à accélérer la mise en uvre des engagements pris dans le cadre de l'Amendement de Kigali et à accroître les investissements afin de rendre les technologies de refroidissement durable plus accessibles et abordables.
" La prochaine décennie ne devra pas seulement être définie par les engagements que nous prenons, mais aussi par les résultats que nous obtenons ", a-t-il affirmé.


Le Premier ministre s'exprimait lors de l'ouverture de la session de haut niveau de la 38ᵉ Réunion des Parties au Protocole de Montréal (MOP38), organisée à Kigali du 2 au 6 novembre

