La réaction du ministre fait suite à un message publié par Jean-Luc Habyarimana sur les réseaux sociaux, dans lequel il a, entre autres, affirmé que ses déplacements fréquents à Kinshasa relevaient de visites privées et n'avaient selon lui, aucun lien avec les FDLR.
Le ministre Nduhungirehe a rejeté ces explications, estimant qu'elles constituaient " une insulte à notre intelligence, qu'elle soit comprise au sens courant ou institutionnel du terme ", affirmant que Jean-Luc Habyarimana propose actuellement ses services aux génocidaires FDLR et au président congolais.
" Au lieu de couler des jours heureux dans votre exil parisien, au lieu de chercher un boulot stable en France, vous avez pris la décision d'entrer dans l'arène, en proposant vos services aux génocidaires des FDLR et au Président Tshisekedi, pour planifier des actions subversives contre votre propre pays ", a-t-il noté.
Le chef de la diplomatie rwandaise a également rappelé les crimes qui ont marqué le régime de Juvénal Habyarimana, évoquant notamment la mort de l'ancien président de la Première République, Grégoire Kayibanda, ainsi que celles de Félicula Nyiramutarambirwa et de Silvio Sindambiwe. Il a aussi mentionné les massacres de Tutsi à Murambi, Kibilira, Bugesera et Mukingo en 1990, ainsi que l'assassinat de l'ancienne Première ministre Agathe Uwilingiyimana.
Nduhungirehe a en outre rappelé qu'en juin 1994, des jeunes femmes avaient témoigné devant un tribunal militaire en Belgique, accusant Jean-Luc Habyarimana d'avoir menacé de tirer avec un fusil Vektor R4 qu'il portait régulièrement, dans la dépouille d'Agathe Uwilingiyimana, Première ministre à l'époque, assassinée le matin même.
Le 6 mars 2026, le Président Paul Kagame a également évoqué les liens établis entre la famille Habyarimana et les FDLR, dénonçant les fréquentes visites du fils Habyarimana à Kinshasa, effectuées pour renforcer sa coopération avec le groupe génocidaire FDLR, et cela en connivence avec le président congolais Félix Tshisekedi.
" Le fils de l'ancien président rwandais, qui a conduit le pays au génocide, ainsi que d'autres collaborateurs, continuent de se rendre à Kinshasa pour étendre leur coopération avec les FDLR, où ils sont accueillis à bras ouverts ", avait indiqué le Président.
Selon plusieurs sources, les FDLR compteraient actuellement entre 7 000 et 10 000 combattants en République démocratique du Congo.
Déplorant le fait que ce groupe génocidaire continue de recevoir divers soutiens, le gouvernement rwandais souligne régulièrement que les FDLR ont été réintégrés au sein de l'armée congolaise, avec laquelle ils mènent des offensives contre des zones densément peuplées, ciblant notamment la communauté Banyamulenge tout en alimentant leur idéologie génocidaire dans la région.
Selon des sources jugées fiables, à la fin de l'année 2025, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, aurait engagé des discussions avec la famille Habyarimana, installée en France, dans le but de mettre en uvre un plan de déstabilisation du Rwanda par l'intermédiaire du groupe génocidaire FDLR.
Le plan envisagerait le soutien matériel et organisationnel aux FDLR, le recrutement de nouveaux membres et la réorganisation de leur direction, avec Jean‑Luc Habyarimana pressenti comme futur chef du mouvement.
Une autre source proche de la présidence congolaise a par ailleurs affirmé que les autorités de Kinshasa collaboreraient également avec le 'Rwanda National Congress' (RNC), dirigée par Kayumba Nyamwasa, ainsi qu'avec le groupe se présentant comme le " gouvernement rwandais en exil ", dirigé par l'ancien prêtre Thomas Nahimana.
Selon les informations, une réunion de haut niveau réunissant plusieurs groupes armés et organisations opposées au gouvernement rwandais aurait été élaborée par Tshisekedi au début de 2026, dans le but de former une coalition disposant d'une branche militaire qui tenterait de déstabiliser le Rwanda.
" Nous prenons cette menace très au sérieux ", a conclu le ministre Nduhungirehe.
Bertrand Tunezerwe