Un suspect arrêté en Italie dans l'affaire du meurtre en 2014 de trois religieuses italiennes au Burundi #rwanda #RwOT

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Une arrestation après plus de 12 ans d'enquête

Les Carabinieri de Parme, sur ordre de la Procureure de la République, ont exécuté un mandat de détention provisoire contre Harushimana, résident en Italie depuis plusieurs années. Selon les enquêteurs, il est gravement soupçonné d'être l'un des instigateurs et organisateurs logistiques du triple meurtre.

Les victimes - Sœur Olga Raschietti (83 ans), Sœur Lucia Pulici (75 ans) et Sœur Bernardetta Boggian (79 ans) - appartenaient à l'ordre des Missionnaires de Maria Saveriane. Elles ont été brutalement assassinées dans le quartier de Kamenge à Bujumbura, entre le 7 et le 8 septembre 2014. Les corps des deux premières religieuses ont été retrouvés égorgés, tandis que celui de la troisième avait été décapité, dans des conditions d'une grande violence.

Des circonstances troublantes

À l'époque, les autorités burundaises avaient désigné un certain Christian Claude Butoyi comme tueur présumé. Toutefois, plusieurs témoignages ont présenté le jeune homme comme " un déséquilibré mental " connu dans les environs, ce qui avait laissé planer de forts doutes sur la version officielle.

Autre fait étrange : les deux premières religieuses ont été assassinées dans l'après-midi, tandis que la troisième l'a été après minuit, alors que des membres des forces burundaises quadrillaient les lieux suite au double meurtre.

Selon, à l'époque, le général Godefroid Bizimana, alors directeur général adjoint de la police burundaise : " L'assassin a égorgé deux religieuses, sœur Lucie et sœur Olga, avant de s'acharner sur l'une d'elles à coups de pierre sur le visage. Le corps d'une troisième religieuse décapitée a été découvert vers 2h00-3h00 du matin. "

Il est d'autant plus mystérieux que, alors que sœur Bernadette Boggian avait appelé vers minuit le père Mario Pulcini, prêtre italien installé à Kamenge, pour signaler qu'elle entendait des bruits dans le couvent, elle ait cependant été retrouvée sauvagement assassinée.

" Après avoir entendu des cris vers 2 heures, j'ai trouvé le corps de sœur Bernadette dans sa chambre, étendu dans une mare de sang, sa tête décapitée (…) et son visage portant des traces de coups ", avait alors raconté le prêtre à la presse.

Ces éléments ont conduit plusieurs observateurs à conclure que le triple homicide avait été parfaitement planifié.

La justice italienne considère que Guillaume Harushimana a joué un rôle plus complexe qu'un simple exécutant. Il est accusé d'avoir planifié, coordonné et facilité le triple homicide.

Un contexte de terreur et de soupçons politiques

Les procureurs italiens ont évoqué un climat de terreur autour de l'enquête, certains protagonistes étant liés à la police secrète burundaise. Les autorités soulignent notamment des tensions autour du refus des religieuses de collaborer avec des milices burundaises opérant en République démocratique du Congo et des rivalités locales sur des financements humanitaires, qui auraient provoqué leur mise à mort.

Dans ce dossier, un haut responsable militaire burundais, le général Adolphe Nshimirimana, a été désigné comme l'instigateur principal, avec Harushimana comme proche collaborateur. Le général avait lui-même été assassiné en 2015.

Plusieurs éléments ont conduit à conclure que le triple homicide avait été parfaitement planifié par de hauts responsables des services de renseignement burundais

BrenT



Source : https://fr.igihe.com/Un-suspect-arrete-en-Italie-dans-l-affaire-du-meurtre-en-2014-de-trois.html

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