L'exécutif Congolais en apesanteur #rwanda #RwOT

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Chaque intervention non coordonnée, chaque déclaration spontanée se fait écho d'un vide hiérarchique abyssal, révélant que le sommet de l'État n'est pas animé par une vision directrice mais par un enchevêtrement de volontés individuelles, souvent contradictoires.

Là où un gouvernement discipliné transforme les directives présidentielles en actes concrets, l'exécutif congolais, aujourd'hui, se réduit à un théâtre d'énoncés publics, où la parole se substitue à la décision et la répétition de la désapprobation au contrôle réel.

Les rappels constants de Félix Tshisekedi à ses ministres pour non-exécution de ses instructions, loin de corriger le comportement de ses collaborateurs, mettent en lumière une incapacité structurelle à exercer le pouvoir hiérarchique.

Dans tout système constitutionnel fonctionnel, l'autorité se matérialise par des actes contraignants : sanctions disciplinaires, mises en demeure, révocations. Ici, elle se réduit à une admonestation verbale publique, répétée comme un mantra, qui transforme le Conseil des ministres en tribunal de frustrations présidentielles. Pour l'opinion, c'est déconcertant ; pour l'État, c'est honteux.

Le naufrage du leadership

Le Gouvernement, dépourvu de discipline et d'objectifs hiérarchisés, fonctionne comme une entité fragmentée, indisciplinée et non gouvernante. Le cap stratégique est inexistant, la chaîne de commandement s'évanouit dans l'arbitraire, et les ministres, affranchis de toute contrainte, agissent selon leurs propres agendas.

La Première ministre, censée incarner la coordination et la discipline, se voit réduite à un rôle formel et décoratif, telle une icône figée derrière laquelle le chaos s'installe.

Cette vacance de leadership, reflet exact de l'exécutif dans son ensemble, illustre une vérité crue : le président lui-même s'est mué en maître du vide politique, incapable de contrôler la cinquantaine de ministres dont il a la charge.

Le résultat est un exécutif en déroute, où l'incapacité à imposer des sanctions, à hiérarchiser les priorités et à assurer la responsabilité administrative, engendre non seulement l'indiscipline mais une véritable anarchie bureaucratique.

Dans ces conditions, l'État, fragilisé, est précipité dans une dérive qui menace l'efficacité gouvernementale, la cohésion sociale et la crédibilité internationale de la République.

Les déclarations publiques imprudentes de ministres sur la défense ou les affaires étrangères révèlent une autorité exécutive flottant au‑dessus de ses responsabilités

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/L-executif-Congolais-en-apesanteur.html

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