Le rapport de l'ONU sur la RDC ou un instrument diplomatique en trompe-l'œil #rwanda #RwOT

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Sous couvert d'expertise internationale et de neutralité, il révèle une structuration délibérément hiérarchisée des crimes, où certains acteurs, pourtant impliqués dans des exactions documentées, voient leur responsabilité atténuée ou occultée.

Les alliés politiques et militaires du statu quo se voient protégés, tandis que d'autres, pourtant connus pour leur rôle dans des massacres ciblés, bénéficient d'un blanchiment tacite de leurs actions. Parallèlement, des mercenaires et acteurs armés irréguliers, dont l'activité devrait relever de la sanction pénale et de la réprobation internationale, apparaissent normalisés, traités comme des composantes légitimes d'un paysage sécuritaire fragmenté.

Cette hiérarchisation perverse des responsabilités traduit une démarche qui n'a nullement pour objectif la pacification du pays ou la réconciliation des populations. Au contraire, le rapport semble administrer la guerre plutôt que d'en chercher la fin.

En sanctuarisant un pouvoir dont la légitimité est régulièrement contestée et en contribuant à saboter toute initiative de dialogue inclusif, il sert des agendas cachés, certes perceptibles à ceux qui observent la scène politique congolaise avec lucidité, mais soigneusement dissimulés sous le vernis diplomatique.

Cette orientation manifeste d'un document supposément objectif rappelle, hélas, la longue tradition de rapports biaisés sur la RDC : instruments d'influence, de justification et de pression politique, ces textes participent moins à la vérité qu'à la mise en récit d'intérêts étrangers et domestiques, réduisant la complexité de la tragédie congolaise à un canevas politiquement commode.

Entre neutralité affichée et partialité assumée : les dangers d'un discours international manipulé

Le problème fondamental de ce rapport réside dans sa capacité à façonner l'opinion internationale tout en masquant des réalités essentielles. La prétendue objectivité scientifique et diplomatique se trouve ainsi subordonnée à des choix méthodologiques et éditoriaux qui orientent le récit, exonèrent certains acteurs et désignent implicitement des boucs émissaires.

Cette manipulation subtile mais systématique illustre combien la parole internationale, lorsqu'elle est politisée, peut devenir un instrument d'influence stratégique, capable de légitimer des pouvoirs contestés et de détourner l'attention des crimes les plus graves.

Le danger de tels documents dépasse le simple cadre symbolique. En renforçant la perception de certains acteurs comme " incontournables " et en marginalisant la gravité des exactions d'autres, ils compromettent la justice, fragilisent les initiatives de paix et accentuent la méfiance des populations envers la communauté internationale.

L'expérience congolaise démontre qu'une diplomatie fondée sur des rapports partiels ou instrumentalisés ne fait pas progresser la paix : elle consolide les injustices et participe, de manière implicite, à la perpétuation de la violence.

Le rapport de l'ONU sur la RDC n'échappe pas à cette logique ; il doit être lu, analysé et critiqué pour ce qu'il est réellement : non un outil de pacification, mais un instrument de guerre diplomatique, au service de logiques qui échappent aux seuls intérêts du peuple congolais.

Le dernier rapport du groupe d'experts des nations unies consacré à la situation en RDC ne saurait être considéré comme un document neutre ou impartial

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Le-rapport-de-l-ONU-sur-la-RDC-ou-un-instrument-diplomatique-en-trompe-l-oeil.html

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