La République sous surveillance de ses propres peurs #rwanda #RwOT

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Ils ne relèvent pas de simples incidents isolés, mais constituent les symptômes tangibles d'un appareil d'État en proie à l'angoisse et à l'inquiétude de ses propres élites, incapable de distinguer la critique légitime de la menace existentielle.

La répétition de ces pratiques illustre une logique de contrôle coercitif, où la dissidence est criminalisée, la hiérarchie militaire fragilisée par la peur et la parole gouvernementale dissonante, laissant place à l'arbitraire et à l'incertitude. Ce basculement, silencieux mais perceptible, révèle que le pouvoir se consume dans sa propre défiance, transformant le gouvernement en théâtre de tensions internes et la République en terrain d'expérimentation d'une autorité gouvernée par la crainte plutôt que par le droit.

La mobilisation croissante de la presse internationale, avec France 24 en première ligne, autour de la multiplication des enlèvements d'opposants en République démocratique du Congo, ne relève ni de l'exagération ni du sensationnalisme. Elle procède d'un constat rigoureux et alarmant : celui d'un climat politique où la contestation n'est plus seulement combattue sur le terrain du débat, mais progressivement neutralisée par des pratiques opaques, coercitives et extrajudiciaires.

L'interpellation de Nathanaël Onokomba, venue s'ajouter à une série d'affaires similaires, agit comme un révélateur brutal d'une méthode qui semble désormais s'installer dans la routine du pouvoir.

Ce qui inquiète le plus n'est pas uniquement la répétition de ces enlèvements, mais l'état d'esprit qu'ils trahissent au sommet de l'État. La paranoïa politique, lorsqu'elle devient mode de gouvernance, est toujours le symptôme d'une fragilité profonde : peur de la parole libre, hantise de l'opposition, obsession de l'ennemi intérieur.

Un pouvoir sûr de sa légitimité n'a nul besoin de faire disparaître ses contradicteurs ; il les affronte, les contredit, ou les dépasse par l'action et la loi. À l'inverse, lorsque l'appareil étatique en vient à confondre dissidence et menace existentielle, il s'engage dans une logique de repli autoritaire qui sape ses propres fondements.

L'histoire politique enseigne que ces dérives ne sont jamais anodines. Elles signalent une rupture du pacte entre l'État et les citoyens, une substitution progressive de la peur au droit, de l'arbitraire à la procédure.

En attirant l'attention de l'opinion internationale, la presse ne fait que jouer son rôle de vigie. Le véritable scandale n'est pas qu'elle regarde la RDC avec inquiétude, mais qu'elle y trouve matière à le faire. Car un État qui cède à la paranoïa sécuritaire finit toujours par devenir prisonnier de ses propres méthodes, exposant la nation entière aux conséquences d'un pouvoir qui, ne se sentant plus contesté par des idées, choisit de l'être par la force.

L'interpellation de Nathanaël Onokomba agit comme un révélateur brutal d'une méthode qui semble désormais s'installer dans la routine du pouvoir

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/La-Republique-sous-surveillance-de-ses-propres-peurs.html

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