Il est désormais installé sur un siège éjectable, exposé aux aléas de la vindicte publique, et la clameur populaire, implacable, ne lui épargne aucun sursis.
Ce qui se voulait dénonciation devient, sous le regard impitoyable de l'opinion et de ses pairs, une confession implicite de son incompétence. À force de vouloir magnifier sa vigilance et sa clairvoyance, il se trouve paradoxalement dépouillé de l'autorité et du crédit que son rang lui conférait encore, et sa parole, au lieu de mobiliser ou d'éclairer, se retourne contre lui telle une arme de sa propre dérision.
Le ministre zélé et prétendument visionnaire se voit ainsi réduit à l'état d'un pantin, dont chaque maladresse publique révèle, avec éclat, l'improvisation et la fragilité intrinsèque de sa fonction.
Cette exposition constante de ses insuffisances ne laisse aucun doute : il siège désormais sur un fauteuil éjectable, dont la stabilité dépend moins de ses compétences que de la clémence des observateurs et de l'inexorable jugement de l'opinion et de ses pairs.
Chaque geste maladroit, chaque parole prononcée sans mesure se transforme en pierre précipitante sur le fragile édifice de son autorité, menaçant de le précipiter dans un abîme irréversible. La sortie qu'il a orchestrée, visiblement dépourvue de toute prudence stratégique, pourrait s'avérer fatale, tant elle a pulvérisé le crédit déjà vacillant du gouvernement auquel il appartient, réduisant à néant des années de confiance institutionnelle.
Sous le regard implacable de l'opinion publique et de ses pairs, il apparaît désormais comme l'artisan involontaire de sa propre ruine, emporté par la force de ses maladresses, et laissant dans son sillage l'image d'une légitimité érodée et d'une institution fragilisée, dont les fondements mêmes sont ébranlés par son excès d'impétuosité.
Les déclarations publiques de personnalités politiques, lorsqu'elles sont délivrées sans mesure ni discernement, peuvent se retourner avec une force dévastatrice contre leurs auteurs. Tel est le cas du Ministre d'État en charge de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, dont les propos récents, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont provoqué un séisme politique et médiatique.
Dans cette sortie controversée, le ministre s'est érigé en chroniqueur des faiblesses structurelles des forces armées congolaises face à la force maitrisée de l'AFC/M23. Affirmant que, n'eût été l'intervention diplomatique américaine conduite par le secrétaire d'État Marco Rubio, les rebelles se seraient déjà emparés de Kalemie et d'autres localités congolaises, il a exposé au grand jour ce qui est perçu comme une vulnérabilité stratégique de l'État.
Cette communication, loin de renforcer la position du gouvernement, a alimenté un sentiment de frustration parmi la population et questionné l'efficacité de l'appareil étatique. Elle s'inscrit dans une dynamique où la parole publique, mal calibrée, devient un vecteur de doute et de déstabilisation.
Elle rappelle, à l'instar du cas du Général Ekenge, qui séjourne à la prison militaire de Ndolo suite à ses propres sorties, que la frontière entre transparence et imprudence est étroite et que l'expression médiatique, lorsqu'elle ignore la prudence et l'analyse stratégique, se retourne immanquablement contre ses auteurs.
La bataille de l'information : entre manipulation étrangère et responsabilités nationales
Selon ses propos, des figures médiatiques influentes et reconnues, telles que Steve Wembi, Rodriguez Katsuva et d'autres acteurs du paysage congolais, auraient été recrutées pour servir une entreprise de manipulation, révélant une stratégie d'ingérence informationnelle d'une ampleur inquiétante.
Cette déclaration illustre la complexité d'un environnement où la communication et la perception publique sont devenues des champs de bataille à part entière. Elle met en exergue la tension entre transparence, nécessité d'informer et prudence stratégique : un ministre, en exposant publiquement les faiblesses de l'armée et les manuvres médiatiques étrangères, s'expose à des critiques immédiates et crée des frictions au sein même de l'appareil étatique.
Les observateurs avertis soulignent que, dans un contexte de tensions persistantes, de telles prises de parole risquent d'éroder la confiance envers les dirigeants, de fragiliser le moral des troupes et de polariser davantage l'opinion publique.
Au-delà de la simple polémique, ce cas illustre combien l'art de la communication politique exige réflexion, analyse et maîtrise, car chaque mot, chaque message, devient un élément stratégique dont l'impact dépasse largement l'instant présent.
Tite Gatabazi
Source : https://fr.igihe.com/La-bataille-perdue-de-l-information-en-RDC.html