Dans les séquences devenues virales sur les réseaux sociaux, Bally Bagayoko apparaît les bras écartés face aux policiers, leur demandant de cesser d'avancer vers les jeunes manifestants alors que la tension monte entre les deux groupes.
Selon Bally Bagayoko, les policiers avaient décidé de charger les manifestants, alors que plusieurs jeunes ne manifestaient, selon lui, aucun comportement agressif. Le maire a expliqué s'être interposé pour protéger les lycéens et leur demander de reculer afin d'éviter une escalade.
L'élu a été exposé aux gaz lacrymogènes lors de la manifestation, des images le montrant recevant du sérum physiologique dans les yeux pour en atténuer les effets. Il a ensuite appelé le président Emmanuel Macron et le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à favoriser la désescalade et à ouvrir des négociations avec les représentants des lycéens, expliquant que sa présence auprès des jeunes relevait de sa responsabilité de maire.
La séquence a rapidement été relayée à l'international par plusieurs médias, dont CNN, la BBC, The Guardian, El Mundo et TMZ, qui ont diffusé les images de l'intervention de Bally Bagayoko et rapporté ses déclarations.
Cette médiatisation intervient quelques mois après son élection à la tête de Saint-Denis, une commune de la banlieue nord de Paris marquée par d'importantes inégalités sociales. Membre de La France insoumise, Bally Bagayoko s'est impliqué dans la mobilisation depuis ses débuts et défend les revendications des jeunes concernant les moyens alloués à l'éducation.
Le mouvement lycéen, amorcé en septembre dans la région parisienne avant de s'étendre à d'autres villes françaises, dénonce notamment la vétusté et la surpopulation des salles de classe, le manque d'enseignants et les inégalités d'accès à l'éducation. Les manifestants réclament également davantage de moyens pour les établissements scolaires et contestent certaines modalités d'accès à l'enseignement supérieur, notamment celles liées à la plateforme Parcoursup.
Les mobilisations ont été marquées par des affrontements avec la police, des tirs de gaz lacrymogènes et plusieurs interpellations. Les méthodes de maintien de l'ordre sont critiquées par des syndicats, des ONG et des responsables politiques, tandis que les autorités défendent l'action des forces de l'ordre.
Un lycéen de 15 ans a été grièvement blessé cette semaine lors d'une mobilisation lycéenne à Lens, dans le Pas-de-Calais. L'adolescent a eu la main gauche arrachée après l'explosion d'une grenade alors qu'il se trouvait aux abords du lycée professionnel Auguste-Béhal.
Pour Bally Bagayoko, la réponse aux revendications des lycéens doit avant tout passer par le dialogue et des mesures concrètes en faveur de l'éducation.
La diffusion internationale des images de l'intervention du maire a placé au premier plan les tensions entre les jeunes manifestants et les forces de l'ordre en France, ainsi que le débat sur les inégalités scolaires.

