L'incurie érigée en système au Burundi #rwanda #RwOT

webrwanda
0

Rien, en vérité, ne relève ici de la fatalité : tout procède d'une négligence chronique, d'une imprévoyance institutionnalisée et d'une incompétence devenue structurelle. Car il ne s'agit point d'un épisode isolé, mais d'une répétition tragique, presque méthodique, d'événements similaires dont les leçons, manifestement, n'ont jamais été tirées.

Que des munitions aient été entreposées en vrac, sans précautions élémentaires de sécurité, confine à une défaillance gravissime des responsabilités régaliennes. Que cet embrasement ait, dans un même mouvement, réduit en cendres des produits pharmaceutiques, des rations destinées aux soldats engagés sur le front oriental de la République démocratique du Congo, ainsi que des équipements militaires stratégiques, témoigne d'un effondrement logistique d'une rare ampleur.

Il ne s'agit plus seulement d'une faute : c'est l'expression d'un désordre systémique, où l'État semble avoir abdiqué ses fonctions les plus essentielles.

Plus alarmant encore est l'impact collatéral de cette catastrophe sur des structures civiles, notamment la prison centrale de Mpimba, située à proximité du camp militaire éponyme.

Plusieurs détenus y ont été blessés, dont Frédéric Wangabo Mwenengabo, citoyen canadien et activiste incarcéré depuis des mois. Ainsi, l'onde de choc de l'irresponsabilité étatique ne se limite pas aux infrastructures militaires ; elle se propage jusque dans les espaces de détention, révélant une indifférence préoccupante à l'égard de la vie humaine, quelle qu'en soit la condition.

L'invocation divine comme aveu d'impuissance

Durant de longues heures, les détonations se sont succédé dans le sud de Bujumbura, plongeant les populations dans la panique et les contraignant à fuir dans un désordre indescriptible.

A l'heure où le bilan humain demeure incertain, tant les morts et les blessés semblent se compter au-delà des chiffres officiels, le silence des autorités contraste avec la violence des faits.

Dans ce contexte, l'appel du président Évariste Ndayishimiye à la protection divine revêt une signification ambivalente. Certes, la foi peut constituer un refuge dans l'épreuve ; mais lorsqu'elle devient le dernier recours d'un pouvoir défaillant, elle prend des allures d'aveu implicite d'impuissance.

Car invoquer Dieu ne saurait exonérer de la responsabilité humaine, encore moins pallier les carences d'une gouvernance défaillante.

Dès lors, une interrogation s'impose avec gravité : qui protégera les Burundais lorsque ceux qui ont la charge de leur sécurité en deviennent, par leur incurie, le principal facteur de vulnérabilité ?

Puisse, en effet, la Providence veiller sur un peuple trop souvent exposé aux conséquences d'une gestion hasardeuse, non point en substitution des devoirs de ses dirigeants, mais faute pour ceux-ci de les assumer pleinement.

L'appel du président Évariste Ndayishimiye à la protection divine reflète à la fois foi et aveu implicite d'impuissance

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/L-incurie-erigee-en-systeme-au-Burundi.html

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)