Ce flot de condamnations, tantôt unanime, tantôt excessif selon la situation et le contexte, traduit l'angoisse d'un pays fracturé par une gouvernance chaotique et profondément sectaire. Là où l'on devrait admirer la grandeur de l'État et la noblesse de ses institutions, on ne rencontre que le simulacre de l'exaltation officielle, une magnificence proclamée presque pour se moquer de ceux qu'elle prétend honorer.
Le contraste est cruel : l'éclat de la parole publique n'illumine en rien la réalité des maux qui rongent le pays, et le peuple, réduit à l'état de spectateur impuissant, contemple ses dirigeants s'approprier les fruits de la nation sans jamais songer à la servir.
Les hommes du pouvoir : frappeurs et jouisseurs au crépuscule de l'exemplarité
Les hommes au sommet de l'État, loin de remplir leur devoir premier, celui de servir le peuple, se sont convertis en frappeurs et jouisseurs, se livrant à une accumulation insatiable de privilèges tandis que les populations ne reçoivent que les miettes de ce qui devrait leur revenir de droit.
Le Président lui-même, en tête de ce cortège, incarne ce divorce entre autorité et responsabilité, entre promesse et réalité. La connivence qui s'expose au grand jour, la corruption et les détournements qui gangrènent tous les étages de l'appareil d'État, trahissent un effondrement éthique qui dépasse le simple manquement politique : il s'agit du crépuscule d'une gouvernance ayant failli à l'exemplarité, à la justice et à la dignité qu'elle devrait incarner.
La RDC, en proie à ce spectacle pitoyable, mérite mieux qu'une tragédie répétée, et ses fils et filles attendent avec impatience que la lumière de la responsabilité et de l'intégrité finisse par percer les ombres d'un pouvoir dévoyé.
Tite Gatabazi
Source : https://fr.igihe.com/RDC-ou-lumieres-vacillantes-et-ombres-oppressantes.html