Quand l'enquête humanitaire fissure le déni officiel #rwanda #RwOT

webrwanda
0

Loin des approximations militantes ou des récits émotionnels souvent disqualifiés par les autorités, cette enquête s'appuie sur un travail de terrain rigoureux, conduit par Jean Paul Ngahangondi (CRDH), Pitchou Roland Shomongo Mbey (APDH/DPC) et le journaliste d'investigation Moïse Komayombi.

Les faits documentés dessinent un tableau d'une extrême gravité : bombardements indiscriminés de zones civiles, exécutions sommaires, violences sexuelles systématiques, pillages et exactions ciblées contre des populations identifiées.

Le bilan provisoire, 199 morts, 203 blessés, près de 500 000 déplacés internes et 391 000 enfants privés d'accès à l'éducation est présenté par les enquêteurs eux-mêmes comme largement sous-évalué, tant l'insécurité persistante et l'isolement de certaines zones rendent la collecte exhaustive des données impossible.

Au-delà des chiffres, c'est la nature même des violences qui interpelle : leur caractère répété, coordonné et sélectif suggère non pas des dérapages ponctuels, mais une logique de terreur organisée, s'inscrivant dans une stratégie militaire et politique assumée.

Les organisateurs n'hésitent pas à qualifier ces faits de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, au sens du droit international, engageant directement la responsabilité des États impliqués, au premier rang desquels la République démocratique du Congo et la République du Burundi.

Responsabilités politiques et horizon judiciaire : la fin annoncée de l'impunité

L'enquête ne se contente pas de décrire l'horreur ; elle désigne des responsabilités. Sont ainsi nommément cités comme responsables politiques et militaires présumés le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, ainsi que de hauts gradés des forces armées des deux pays, dont les généraux Prime Niyongabo, Jules Banza Mwilambwe et Sylvain Ekenge.

A cette liste s'ajoutent plusieurs responsables politiques locaux, des chefs de milices dites Wazalendo et divers acteurs armés régionaux, accusés d'avoir participé, directement ou indirectement, à la commission ou à la facilitation de ces crimes.

La portée de cette mise en accusation dépasse largement le cadre congolais. Elle interpelle la communauté internationale sur sa complaisance prolongée face à des violations massives et répétées des droits humains, trop souvent relativisées au nom de la " complexité du terrain " ou des équilibres géopolitiques régionaux.

En rappelant que les crimes internationaux ne sauraient être couverts par aucune immunité qu'elle soit présidentielle, ministérielle ou militaire, la Diaspora plurielle et la communauté banyamulenge inscrivent leur démarche dans une perspective clairement judiciaire.

Des actions sont annoncées devant les juridictions nationales et internationales compétentes, avec une détermination affichée à rompre le cycle de l'impunité qui alimente, depuis des décennies, la violence structurelle dans l'Est de la RDC.

Cette initiative réaffirme avec force un principe fondamental du droit international contemporain : le droit imprescriptible des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation.

Elle rappelle surtout que la paix ne peut être durablement construite sur le silence, la falsification ou l'oubli, mais exige la reconnaissance des crimes, l'établissement des responsabilités et la reddition des comptes sans distinction de rang, de fonction ou d'allégeance politique.

Plusieurs observateurs n'hésitent pas à qualifier les faits au Sud-Kivu de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, au sens du droit international, impliquant la responsabilité directe du RDC et du Burundi

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Quand-l-enquete-humanitaire-fissure-le-deni-officiel.html

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)