Le conditionnel diplomatique comme révélateur stratégique #rwanda #RwOT

webrwanda
0

La déclaration du ministre rwandais des Affaires étrangères, l'Ambassadeur Olivier Nduhungirehe, publiée sur son compte X, s'inscrit dans une lecture rigoureuse et méthodique de la présentation du représentant Chris Smith, Président du Sous-comité Afrique du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis.

A une nuance près concernant les mesures défensives du Rwanda, cette présentation américaine apparaît comme un condensé fidèle du Concept of Operations (CONOPS) signé à Washington le 27 juin 2025.

Cette convergence n'est ni fortuite ni anodine : elle atteste d'une compréhension partagée des paramètres du conflit, de ses causes profondes et des conditions nécessaires à toute désescalade crédible. Le " mais uniquement si " marque ainsi une ligne de démarcation claire entre l'adhésion de principe aux cadres diplomatiques et le refus catégorique de toute lecture tronquée, asymétrique ou moralement déséquilibrée de la réalité sécuritaire régionale.

Ce conditionnel, loin d'affaiblir la position rwandaise, en révèle au contraire la cohérence : il rappelle que la paix ne saurait être décrétée indépendamment des faits, ni imposée à un acteur qui se voit sommé de renoncer à sa sécurité légitime sans garanties sérieuses, vérifiables et durables.

CONOPS, cohérence et fin des narratifs sélectifs

La référence explicite au CONOPS signé à Washington confère à cette déclaration une portée stratégique majeure. Elle inscrit la position rwandaise dans un cadre formel, négocié, multilatéral, et engage les partenaires internationaux à une forme de cohérence intellectuelle et politique.

On ne saurait, sans se contredire, souscrire à un concept opérationnel structuré, fondé sur des conditionnalités précises, puis en extraire certaines clauses pour en neutraliser la portée lorsqu'elles concernent les mesures défensives du Rwanda.

L'intervention de Chris Smith, telle que rapportée et analysée vient ainsi ébranler les narratifs simplificateurs qui, depuis trop longtemps, tentent de réduire la complexité du conflit à une lecture univoque et moralement commode.

Elle met en lumière une réalité que certains discours diplomatiques peinent encore à assumer : la stabilité régionale ne peut être envisagée sans une prise en compte honnête des menaces transfrontalières, des groupes armés persistants et des défaillances structurelles qui nourrissent l'insécurité chronique.

En soulignant la quasi-concordance entre la présentation américaine et le CONOPS, le ministre rwandais des Affaires étrangères rappelle, avec une sobriété calculée, que le temps des injonctions unilatérales et des équilibres factices touche à ses limites.

Le " mais uniquement si " ne saurait être interprété comme un simple mécanisme de précaution diplomatique ni comme l'expression d'une réserve défensive. Dans la perspective exposée par le député américain, il constitue au contraire l'axe structurant d'une cohérence assumée : il replace le dossier dans une logique de responsabilité ordonnée, où chaque acteur est sommé d'assumer la part qui lui incombe.

En inscrivant son analyse dans cette rigueur conditionnelle, Chris Smith ne se livre pas à une mise en balance équivoque des griefs ; il rappelle que la stabilité régionale ne saurait reposer sur des narratifs unilatéraux ni sur des inversions commodes des responsabilités.

Cette cohérence interpelle directement les autorités de la République démocratique du Congo. Elle les exhorte, sans ambages mais sans outrance, à prendre le taureau par les cornes avant que l'enlisement ne devienne irréversible. Elle suggère que la restauration de la crédibilité internationale passe d'abord par un examen lucide des défaillances internes, par la neutralisation effective des FDLR opérant sur le territoire congolais et par l'abandon des stratégies de communication fondées sur la victimisation systématique.

Le temps des jérémiades diplomatiques et de la désignation récurrente de boucs émissaires comme substituts à l'action paraît désormais révolu. La communauté internationale, de plus en plus attentive aux faits et aux engagements formels, se montre moins disposée à entériner des récits simplificateurs qui exonèrent les responsabilités domestiques.

En ce sens, le " mais uniquement si " devient l'expression d'une exigence de maturité politique : il signifie que la solidarité internationale et les mécanismes de coopération ne sauraient être mobilisés indéfiniment au profit d'une rhétorique d'inversion accusatoire.

La cohérence invoquée par le parlementaire américain introduit ainsi un changement de tonalité : elle appelle à une gouvernance responsable, à une clarification des engagements et à une rupture nette avec les postures incantatoires.

Elle rappelle, en substance, que l'heure n'est plus aux artifices discursifs, mais à l'action résolue et à l'assomption courageuse des responsabilités nationales.

Le sénateur républicain Chris Smith a indiqué que le Rwanda n'accepterait de retirer ses troupes que si la RDC respectait un calendrier coordonné pour éliminer la milice FDLR

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Le-conditionnel-diplomatique-comme-revelateur-strategique.html

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)