Les ombres de l'Est RDC rappellent la vérité à la Belgique #rwanda #RwOT

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Officiellement, il n'y avait rien. Rien que le silence feutré d'une dénégation ministérielle. Le chef de la diplomatie belge, droit dans ses bottes et figé dans la rhétorique du déni, avait juré avec une emphase qui frôle l'indignation que pas un seul soldat belge ne foulait les terres congolaises en armes. Pourtant, le sang versé du sergent Flander vient pulvériser cette fiction diplomatique.

L'homme a été fauché lors d'une mission de reconnaissance par drone, dans le fracas d'un blindé réduit en cendres. Deux drones abattus, un soldat mort, et sans doute d'autres blessés que l'on s'empressera d'occulter. Il ne s'agit plus là d'un doute ou d'une erreur de communication. Il s'agit d'une dissimulation.

Car les faits sont désormais patents : la Belgique a engagé entre 300 et 400 soldats en appui opérationnel direct aux Forces armées de la RDC (FARDC), lesquelles, on ne le répètera jamais assez, collaborent activement avec les FDLR, milice génocidaire notoire, vestige hanté des ténèbres de 1994.

Et c'est ici que le scandale prend toute sa dimension. Qu'un pays européen, se retrouve de facto dans une alliance militaire contre-nature avec les FDLR, au nom d'un soutien géostratégique mal ficelé, relève d'une faillite morale abyssale. Le silence médiatique qui entoure cette implication, les dénégations officielles, et le mépris affiché envers les avertissements des observateurs avertis, dessinent les contours d'un mensonge d'État.

Le drame du sergent Flander appelle des comptes. Car cet avion militaire qui, dans la discrétion des nuits sans archives, a déposé des soldats belges sur le tarmac brûlant, devra revenir chargé de cercueils. Et avec eux, la question à laquelle aucun communiqué ne pourra éternellement se soustraire : au nom de quoi, et au service de qui, la Belgique s'est-elle engagée dans ce théâtre de guerre trouble ?

On invoquera les alliances, les coopérations bilatérales, la lutte contre les groupes armés. On ne dira pas assez que, sur le terrain, la ligne entre légitime défense et compromission s'estompe. On évitera d'évoquer que les FDLR, alliées objectives des FARDC, ne sont pas de simples supplétifs, mais des acteurs historiques de la terreur. Et pourtant, c'est bien aux côtés de ces forces que l'armée belge opère aujourd'hui.

Le sergent Flander, dans la dignité de son engagement et la fidélité à son uniforme, n'est pas responsable des choix politiques qui l'ont mené là. Mais sa mort appelle une transparence brutale. Il faut dire aux Belges ce que l'on tait. Il faut mettre en lumière ce que l'on relègue à l'ombre des opérations spéciales.

Car au-delà de la douleur humaine, de l'hommage légitime à rendre à Jimmy Luis Flander, c'est l'honneur d'une nation qui vacille lorsqu'elle joue la guerre dans l'ombre.

Et ce n'est pas l'armée que l'on blâme ici ce sont les ordres donnés sans vérité, les engagements pris sans courage, les silences enveloppés dans les plis d'un drapeau qu'on refuse d'expliquer. La vérité n'est pas une option. Elle est une exigence.

Et tant que cette lumière ne sera pas faite sur l'implication belge dans ce conflit, le sang du sergent Flander continuera de crier, non pas vengeance, mais clarté. L'histoire jugera. Mais d'ores et déjà, le silence n'est plus une option. Le sang a parlé.

Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères de Belgique

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Les-ombres-de-l-Est-RDC-rappellent-la-verite-a-la-Belgique.html

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